Compresser une image sans perte de qualité visible
Pourquoi réduire les dimensions avant de bouger le curseur qualité, et à quel seuil le JPEG commence vraiment à se voir.
Un formulaire refuse la pièce jointe au-delà de 2 Mo, et la photo sortie du téléphone en pèse 4,8. Ou bien une galerie de trente images met huit secondes à s'afficher sur mobile. Dans les deux cas, la bonne réaction n'est pas de pousser un curseur au minimum : c'est de comprendre où se trouve le poids du fichier, puis de le retirer là où l'œil ne le verra pas.
Ce que « sans perte de qualité » veut dire exactement
Deux familles de compression coexistent, et elles ne promettent pas la même chose.
- Sans perte (lossless) — PNG, WebP en mode lossless. Le fichier décompressé est identique à l'original, pixel pour pixel. Sur une photographie, la réduction reste modeste face à une image non compressée, et devient contre-productive si la source est déjà un JPEG : le PNG sera alors bien plus lourd que l'original.
- Avec perte (lossy) — JPEG, WebP en mode lossy, AVIF. L'encodeur jette de l'information que le système visuel humain perçoit mal : les variations fines de couleur, les détails de haute fréquence. Le gain se compte en dizaines de fois, pas en pourcentages.
Quand un outil promet « sans perte de qualité », il parle presque toujours de la seconde famille : la perte est réelle, mais elle se situe sous le seuil de perception à la taille d'affichage prévue. C'est ce seuil qu'il faut viser, et il dépend autant des dimensions que du curseur.
Commencer par les dimensions, pas par la qualité
Le poids d'une image suit à peu près le nombre de pixels qu'elle contient. Une photo de smartphone en 4032 × 3024 fait 12 mégapixels. Ramenée à 1600 px de large, elle tombe à 1600 × 1200, soit 1,9 mégapixel : six fois moins de données à encoder, avant même d'avoir touché à la qualité. C'est presque toujours le levier le plus rentable, et le seul qui ne crée aucun artefact.
Quelques repères de largeur utiles :
- Vignette ou photo de profil : 400 à 600 px
- Illustration dans un article : 1200 à 1600 px
- Bandeau pleine largeur : 1920 px, ou 2560 px si vous visez les écrans à haute densité
- Impression A4 à 300 points par pouce : 2480 × 3508 px
Au passage, une confusion tenace : le DPI n'est qu'une étiquette stockée dans les métadonnées. Faire passer une image de 72 à 300 DPI sans modifier le nombre de pixels ne change ni son poids ni sa finesse, seulement l'instruction donnée à l'imprimante. Seule la définition en pixels compte réellement. Pour ajuster les dimensions en conservant les proportions, l'outil redimensionner une image fait le travail dans le navigateur.
Le curseur qualité, avec des chiffres
L'échelle de qualité JPEG va de 0 à 100 et n'a rien de linéaire. Voici ce que donnent les paliers courants sur une photographie ordinaire :
- 90 à 100 — quasiment aucun gain visuel par rapport à 85, pour un fichier deux à trois fois plus lourd. À réserver aux images qui seront retouchées ensuite.
- 80 à 85 — réglage sûr. La différence avec l'original n'est pas décelable à l'écran.
- 70 à 75 — le bon compromis pour le web. C'est la valeur par défaut du curseur sur l'outil de compression d'image, qui affiche le poids avant et après pour que vous puissiez juger.
- 55 à 65 — les artefacts commencent à se voir dans les dégradés : ciels, peaux, ombres douces. Acceptable pour des vignettes.
- Sous 50 — les blocs de 8 × 8 pixels sur lesquels travaille le JPEG deviennent apparents.
La bonne méthode : descendre par paliers de 5 et inspecter les zones sensibles à 100 % de zoom — un ciel dégradé, une ombre, un contour de texte. Ce sont elles qui lâchent en premier, pas les zones texturées.
Le format pèse souvent plus lourd que le réglage
| Format | Pour quoi | À savoir |
|---|---|---|
| JPEG | Photographies, images à dégradés continus | Pas de transparence, mauvais sur le texte fin |
| PNG | Captures d'écran, logos, aplats, transparence | Sans perte : le curseur qualité n'a aucun effet |
| WebP | Le web en général | Environ 25 à 30 % plus léger que le JPEG à qualité perçue égale, gère la transparence |
| GIF | Rien, sauf animation courte | Limité à 256 couleurs, dépassé pour le fixe |
Une capture d'écran enregistrée en JPEG à 75 se reconnaît immédiatement : des halos apparaissent autour des lettres, parce que l'algorithme est conçu pour des variations douces et non pour des transitions nettes noir/blanc. La même capture en PNG reste parfaitement lisible et pèse souvent moins lourd. Inversement, une photo en PNG peut peser dix fois le JPEG équivalent. Si vous vous êtes trompé de format au départ, l'outil de conversion de format d'image permet de basculer entre JPEG, PNG et WebP.
Les pièges qui gâchent le résultat
La transparence disparaît en JPEG
Le JPEG n'a pas de canal alpha. Un logo PNG à fond transparent exporté en JPEG voit ses zones transparentes remplies d'une couleur unie — du noir par défaut, puisque c'est ainsi qu'un canvas vide est encodé, ou du blanc quand l'outil peint un fond avant l'export, comme le fait Convertu. Si l'image doit être posée sur un fond coloré, restez en PNG ou en WebP.
Les recompressions s'accumulent
Chaque enregistrement en JPEG applique une nouvelle quantification par-dessus la précédente. C'est le premier ré-encodage qui coûte le plus cher : tant que vous réenregistrez au même réglage, sans recadrer ni redimensionner, la grille de blocs reste alignée et les passages suivants ne retirent presque plus rien. Ce qui dégrade vraiment, c'est de baisser le réglage à chaque tour, ou de modifier l'image entre deux enregistrements — le décalage de la grille relance la perte. Repartez toujours du fichier d'origine plutôt que de la version déjà compressée.
Les métadonnées EXIF sautent
Un ré-encodage dans le navigateur repose sur un canvas, qui ne transporte que les pixels : coordonnées GPS, modèle d'appareil, date de prise de vue et profil colorimétrique disparaissent. C'est excellent avant de publier une photo en ligne — plus personne ne lira l'adresse du domicile dans les données GPS — mais gênant pour de l'archivage. Gardez l'original de côté si ces informations comptent.
Les fichiers trop grands bloquent
Le traitement navigateur a un plafond : passé une certaine taille (un scan haute résolution, un panorama assemblé), le moteur rend un canvas vide au lieu d'une image. Le seuil dépend du navigateur et descend nettement sur mobile. Convertu refuse au-delà de 40 mégapixels et vous le dit explicitement, plutôt que de vous laisser avec un aperçu blanc. Réduisez d'abord les dimensions, compressez ensuite.
Un PNG déjà optimisé peut grossir
Un PNG 8 bits à palette de 256 couleurs est déjà très compact. Le réenregistrer en PNG 24 bits l'alourdit au lieu de l'alléger. Si le poids ne bouge pas ou augmente, c'est probablement le cas : changez de format plutôt que de réglage.
Quand la compression ne suffit pas
Si le fichier reste trop lourd après un redimensionnement et un passage à 70, le problème est ailleurs. Trois cas fréquents :
- Le fichier est un HEIC. Les photos iPhone récentes sortent en .heic, un format que beaucoup de formulaires et de logiciels refusent purement et simplement. Il faut d'abord passer par une conversion HEIC en JPG, puis compresser le résultat.
- C'est un document scanné. Du texte compressé trop fort devient illisible, et un éventuel OCR échouera. Restez au-dessus de 85 en JPEG, ou gardez le document en PDF.
- Vous visez une contrainte de poids absurde. Une limite à 200 Ko pour une photo pleine largeur impose de descendre en dimensions, pas en qualité. Mieux vaut une image de 1200 px nette qu'une image de 2400 px pleine d'artefacts.
Redimensionnement, compression et changement de format s'exécutent entièrement dans votre navigateur sur Convertu : le fichier ne part sur aucun serveur. Ces trois outils demandent en revanche un compte et sont inclus dans l'abonnement unique à 7 € par an. La conversion HEIC, elle, passe côté serveur — une conversion offerte par jour, puis le même abonnement si vous en traitez régulièrement.