Convertu vs Smallpdf vs iLovePDF : le comparatif 2026
Les trois services font les mêmes promesses : voici les quatre critères techniques qui les départagent réellement, et le test à faire vous-même.
Vous avez un PDF de 38 Mo à déposer dans un formulaire qui plafonne à 10 Mo. Vous tapez « compresser PDF », trois services occupent le haut de la page, et ils se ressemblent tous : une zone de dépôt, un bouton, un fichier qui redescend. Au troisième essai, vous ne savez toujours pas lequel garder.
Ce qui sépare Convertu, Smallpdf et iLovePDF ne sont pas les listes de fonctions : elles se recoupent largement. Ce sont quatre choses concrètes — où le fichier est calculé, ce qui reste sur un serveur après coup, à quel moment on vous demande un compte, et ce que le service fait des cas tordus. Voici comment les évaluer par vous-même, et où Convertu se situe.
Où le fichier est calculé : votre navigateur ou un serveur
C’est la différence la plus structurante, et la moins mise en avant. Un navigateur moderne sait faire seul une bonne partie du travail. Redimensionner, recadrer, pivoter, compresser une image, générer un QR code, calculer un hash MD5 ou SHA, encoder en Base64, formater du JSON ou du CSS, compter des mots : tout cela s’exécute en JavaScript et WebAssembly dans l’onglet ouvert. Zéro octet transmis.
D’autres traitements sont trop lourds pour le navigateur, ou trop coûteux à embarquer dans une page : le ré-encodage vidéo, le décodage HEIC, la détection de sujet pour supprimer un arrière-plan, la conversion d’un PDF vers un format bureautique. Chez Convertu, ceux-là passent par un serveur.
Sur les 60 outils de Convertu, 41 tournent entièrement dans le navigateur et 19 passent par le serveur — les familles PDF et vidéo, la conversion HEIC, la suppression d’arrière-plan, le floutage et le filigrane d’image, le validateur HTML. Smallpdf et iLovePDF, eux, se sont construits autour du PDF, un format qui impose largement le traitement distant : la question ne se pose donc pas dans les mêmes termes.
Le test tient en trente secondes. Ouvrez les outils de développement (F12), onglet Réseau, lancez la conversion. Si une requête part avec un corps du même ordre de grandeur que votre fichier, il est sur un serveur. Si le seul trafic est celui des scripts chargés au démarrage de la page, il n’a pas bougé.
Suite PDF spécialisée ou boîte à outils générale
Smallpdf et iLovePDF sont des suites centrées sur le PDF et son écosystème : outillage documentaire approfondi, applications hors navigateur, connecteurs vers les stockages en ligne. Vérifiez le périmètre exact au moment où vous lisez ces lignes, il évolue vite.
Convertu joue l’autre carte : le PDF n’est qu’une famille parmi sept. Image, vidéo et audio, texte, calculatrices, outils web et convertisseurs divers complètent le catalogue.
La conséquence est très pratique. Si votre semaine consiste à compresser un PDF le lundi, extraire la piste audio d’un MP4 le jeudi, convertir des photos HEIC d’iPhone le week-end et vérifier un JSON entre les deux, une suite PDF vous laisse à mi-chemin et vous rouvrez un onglet ailleurs. Si à l’inverse vous vivez dans le document toute la journée, avec des besoins pointus de formulaires, d’annotation ou de signature, un spécialiste ira plus loin qu’un généraliste.
Ce que « gratuit » veut dire, dans le détail
Il existe quatre façons de brider une version gratuite, et elles ne se valent pas :
- un quota d’opérations par heure ou par jour ;
- un plafond de taille de fichier ou de nombre de pages ;
- un filigrane apposé sur le résultat ;
- l’obligation de créer un compte pour récupérer le fichier produit.
Chez Convertu, 36 des 41 outils qui s’exécutent dans le navigateur n’ont ni compte ni quota : le calcul se fait sur votre machine, il ne coûte rien à personne. Les cinq autres — compression, redimensionnement, conversion de format, recadrage et rotation d’image — restent locaux, mais demandent un compte et relèvent de l’abonnement. Les 19 outils serveur offrent une conversion par visiteur et par jour, sans inscription. Au-delà, l’accès illimité passe par un abonnement unique à 7 €/an, sans engagement.
Mesurez votre besoin réel avant de comparer. Compresser un PDF avant un envoi, c’est ponctuel. Traiter quarante scans par mois, c’est régulier : à ce rythme, la question n’est plus le prix affiché mais la limite qui vous bloquera en premier.
Rétention, chiffrement, juridiction
Trois questions valent pour n’importe quel convertisseur en ligne.
| Question | Ce que vous cherchez |
|---|---|
| Combien de temps le fichier reste-t-il sur le serveur ? | Une durée écrite noir sur blanc. Chez Convertu, les fichiers envoyés sont supprimés au bout d’une heure. |
| Le transfert est-il chiffré ? | HTTPS sur toute la chaîne, y compris la page de téléchargement du résultat. |
| Qui édite le service, et sous quel droit ? | Une entité identifiable. Convertu est édité par SOLUTION AS A SERVICE, à Bruxelles, donc sous RGPD. |
Le réflexe utile : un contrat, un bulletin de salaire, un devis client n’ont aucune raison de transiter par un serveur tiers si le travail peut se faire localement. Recadrer, compresser une image ou compter des mots relèvent des outils navigateur.
Les pièges qui décident de la qualité du résultat
Comparer des listes de fonctions ne sert à rien tant qu’on ignore les quatre ou cinq cas qui font échouer n’importe quel convertisseur.
PDF vers Word
Un PDF natif, produit depuis un traitement de texte ou un logiciel de mise en page, contient du texte vectoriel : la conversion récupère les mots, mais reconstruit la mise en page par approximation — colonnes transformées en zones de texte, tableaux recréés imparfaitement. Un PDF scanné, lui, ne contient que des images : sans reconnaissance de caractères, aucun outil ne vous rendra du texte modifiable, seulement une photo par page collée dans un document. Le test préalable est immédiat : si vous pouvez sélectionner le texte dans votre lecteur PDF, il est natif. Sinon, il faudra une étape d’OCR avant de convertir le PDF en document Word.
Deuxième piège du même exercice : les polices non intégrées au fichier. Elles sont remplacées par des équivalents approchants, les césures changent, et un document de douze pages en ressort parfois avec treize.
Compression PDF
Dans un PDF lourd, l’essentiel du poids vient des images, pas du texte. Un scan enregistré à 600 DPI se ramène sans dommage visible à 150 DPI pour une lecture à l’écran, ou 200 à 300 DPI si le document doit être imprimé : c’est ce rééchantillonnage qui fait passer un fichier de 38 Mo sous la barre des 5 Mo quand vous allez compresser le PDF. À l’inverse, sur un document composé uniquement de texte vectoriel, la marge est mince — il n’y a tout simplement rien à comprimer, et aucun service ne fera mieux qu’un autre.
Images
En JPEG, une qualité de 80 à 85 constitue le bon compromis pour le web ; en dessous de 70, les artefacts deviennent visibles sur les aplats de couleur et autour du texte. Autre point à connaître avant de réduire le poids d’une image : le JPEG n’a pas de canal alpha. Un PNG à fond transparent converti en JPEG ressort sur un fond noir ou blanc, sans avertissement. Pour conserver la transparence, restez en PNG ou passez en WebP.
Enfin, les photos d’iPhone enregistrées en HEIC sont refusées par beaucoup de plateformes et de logiciels. La conversion vers JPG règle le problème, mais gardez en tête que les métadonnées EXIF — date, modèle d’appareil, coordonnées GPS — sont souvent conservées lors de la conversion, selon l’outil utilisé. Vérifiez le fichier obtenu et retirez-les si l’image part sur un site public, un point à surveiller quand vous faites passer vos HEIC en JPG.
Quel service pour quelle situation
- Vous vivez dans le PDF — formulaires, annotation, signature, travail à plusieurs sur les mêmes documents : prenez un spécialiste du format, éventuellement avec une application hors navigateur.
- Vos besoins sont variés et irréguliers — un PDF, puis une vidéo, puis des photos, puis du texte : le catalogue large évite de multiplier les comptes et les onglets.
- Vos documents sont sensibles : privilégiez systématiquement les traitements qui restent dans le navigateur, et vérifiez-le au lieu de le croire.
- Vous convertissez deux ou trois fichiers par mois : la conversion quotidienne offerte suffit, inutile de payer quoi que ce soit.
- Vous convertissez toutes les semaines : raisonnez en coût annuel plutôt qu’en tarif mensuel affiché, et lisez la clause de résiliation avant de vous engager.
Sur ce dernier point, Convertu a fait un choix simple : un abonnement unique à 7 €/an ouvre sans limite les 19 outils serveur et les cinq outils image locaux, il est résiliable en un clic, et les 36 autres outils navigateur restent libres d’accès.